L’entrepreneuriat attire. C’est devenu une option professionnelle pour de plus en plus de personnes. Avec près de 700 000 créations d’entreprise en 2018, soit 17% de plus qu’en 2017, la France atteint des niveaux inégalés par le passé. Mais d’autres données méritent également d’être rappelées : 45% sont des micro-entreprises et 26% des entreprises individuelles ; 1/3 des créateurs étaient au chômage avant la création ; enfin, le taux de pérennité des entreprises est de 66% au bout de 3 ans et de 51% au bout de 5 ans. Ces chiffres interrogent sur le profil des entrepreneurs et, surtout, sur la nature du métier dans lequel ils se lancent.

Un état d’esprit de Guerrier

Parmi les traits de caractère qui distinguent l’entrepreneur, le premier est un état d’esprit : celui du « même pas peur », du joueur. Un entrepreneur va devoir en permanence oser, avoir une ambition, accepter les doutes, assumer les risques de se tromper. « Impossible » ne peut pas faire partie de son vocabulaire… et cela, que l’on soit homme ou femme. Quand on regarde les parcours de serial entrepreneurs, il n’y a plus de doute : peu importe que leur projet réussisse ou échoue, ils n’hésitent jamais à lancer une nouvelle entreprise – comme un chirurgien n’arrête pas d’opérer même quand il n’a pas pu sauver la vie d’un patient.

Avoir le sens du relationnel

Deuxième aptitude importante pour exercer ce métier : avoir envie d’aller au contact du marché, des clients, des collaborateurs, autrement dit des gens. Pour être entrepreneur, il faut aimer interagir avec les autres car on réussit très rarement seul. Et en même temps, il faut savoir que même avec une équipe, l’entrepreneur est seul à assumer les décisions et la responsabilité financière, ce qui crée une sorte de schizophrénie entre la recherche de chiffre d’affaires et la préoccupation permanente de ses collaborateurs pour payer les salaires.

Tuer son égo

De là découle la 3ème aptitude à avoir : très vite, pour que la relation fonctionne, il va falloir faire preuve d’abnégation et d’humilité – un savoir-être qui, lui, ne s’acquiert que sur le terrain et va s’affiner avec l’expérience. L’ego et l’orgueil sont les pires ennemis pour réussir. A l’inverse, savoir tenir compte des conseils, remettre en cause ses certitudes est essentiel pour ajuster les prises de décision par rapport un contexte donné. En la matière, un entrepreneur a beaucoup à gagner des échanges avec ses pairs, a fortiori si ces entrepreneurs sont expérimentés.

Développer ses compétences

Une fois cela établi, pour embrasser les responsabilités qui incombent au chef d’entreprise, il sera intéressant de développer plusieurs compétences techniques comme la gestion financière et comptable, le juridique, les procédures légales, les principes marketing et commerciaux. Et là, il y a plusieurs façons de faire. On peut travailler dans des petites entreprises ou des start-up. C’est le meilleur moyen de se confronter à la réalité de l’entrepreneuriat, de voir comment, sur le terrain, un fondateur prend ses décisions, évalue les risques, assume les conséquences de ses choix, notamment vis-à-vis de ses salariés – des choses qui ne s’apprennent pas sur les bancs de l’école.

Ces questions sont importantes car avoir le « profil du métier » est la clé dans la réussite d’un projet professionnel. Si l’on n’a pas ces aptitudes, alors il est probable que le métier d’entrepreneur ne convienne pas. C’est comme si une personne ne supportant pas la vue du sang et l’odeur d’éther voulait devenir médecin urgentiste.

Mais ce n’est pas grave, tout le monde n’est pas fait pour exercer tous les métiers. Et il y a des métiers pour tous. Parfois, si la fibre entrepreneuriale vous taraude mais que vous doutez d’avoir ces traits de caractère partagés par les entrepreneurs pour diriger et piloter une entreprise, l’intrapreneuriat pourra être une option. Finalement, on en revient à la devise socratique du « connais-toi toi-même » …

Forbes.fr